Interview with Karen Knorr

Dans l’œuvre de Karen Knorr, l’animal est l’intermédiaire entre la nature et l’homme, tout à la fois intercesseur de la première et avatar surréel du second. Ses œuvres reflètent une mise en abîme critique de l’humanité à travers la forme métaphorique de la figure animalière. Si l’archétype animal en appelle aux couches profondes de l’instinct et de l’inconscience, il sert ici de support à un récit potentiel et codé de multiples références historiques et contemporaines qui circulent au sein des images et des titres qui les accompagnent, ainsi que dans la mémoire et la sensation du spectateur.

Dans une récente monographie, Antonio Guzman qualifie la démarche de Karen Knorr comme « un projet de la photographie comme une réécriture et un inter-texte dans la poursuite d’un programme allégorique » , au sens où l’entend Roland Barthes, c’est à dire « l’impossibilité de vivre hors du texte infini » (Le plaisir du texte).

The Thirsty Pigeon / Fables

A pigeon, oppressed by excessive thirst, saw a goblet of water painted on a signboard. Not supposing it to be only a picture, she flew towards it with a loud whir and unwittingly dashed against the signboard, jarring herself terribly. Having broken her wings by the blow, she fell to the ground, and was caught by one of the bystanders. Zeal should not outrun discretion.¹

Fables are due for a revival. Short, pointed narratives, peopled with familiar animals and barbed with cruel morals, they explore the myriad facets of human vanity. They seem particularly well suited to our own era, with its decadent consumption, spectacularity, and highly developed taste for shadenfreude.